hiking : se promener, faire de la marche. également auto-stop dans hitch-hiking
Pokehiking : récit d'un voyage aux États-Unis. un peu de transport. un peu de social media. beaucoup d'amour. rien à voir avec de l'auto-stop.
Take me on a trip !

Il ne manquait pas grand chose. Le retour ne m’avait pas laissé le temps de poser le voyage, les questions de mes amis ne me faisaient ressortir que les mêmes clichés. J’ai raconté beaucoup de choses au long de ce voyage, j’ai commenté le voyage en direct et finalement, ce que je retiens est très différent de ce que j’ai pu narrer.
Le retour n’en est pas vraiment un. C’est plutôt une plongée en eaux profondes avec de rares moments de respiration.
La respiration de ce soir était un film. Et c’était peut-être la respiration de trop. Celle qui amène trop d’oxygène au cerveau. Et l’hyperventilation m’a ramenée dans mon voyage dans une transe.
Le film se passe naturellement à Los Angeles. J’ai reconnu quelques lieux. “J’étais ici.”
Il est temps de s’arrêter un peu. Ce voyage m’a apporté beaucoup. Des rencontres, une vague sentiment de liberté trouvée, une impression magique de se lever toujours dans un endroit différent jour après jour. Des souvenirs aussi, des idées nouvelles, une autre façon de voir les choses, la vie, les gens.
Il est temps de remercier Simon, Matthew, Danah, Cindy & Glen, Ashley & Josh, Tarran, Nonnie & Grand-Daddy, Rhonda, Lauren & Jacob, Christine & Marlon, Preacher, Boomer, Axelle et Coline. Des noms à ajouter à ces visages anonymes qui m’ont accompagné dans le train, qui m’ont accueilli, conduit, qui ont dormi avec moi dans les dortoirs de 2, 4 ou 10 personnes, qui m’ont fait à manger ou qui m’ont simplement sourit.
Il est temps de retourner dans mes notes, de regarder les photos avec un autre oeil avant que les souvenirs deviennent flous comme ils aiment le montrer dans n’importe quel film.
Le film de ce soir, c’était “The kids are all right”, un film que je voulais voir au Texas puis à Los Angeles et que j’ai finalement vu à Paris, à côté de la BNF. Le 13e vidé des habitués, surpris par les premiers frimas. Un couple de lesbiennes avec deux enfants qui décident de retrouver leur père biologique, le donneur de sperme. Un film pas du tout américain dirons les habituels “know-it-all” français.
Et pourtant, au combien significatif de ce voyage, avec de l’ouverture d’esprit, une ville révélée, des locavores, de la belle bouffe et du bon vin.
Il y a quand même une grande différence entre 8 heures d’avion de Chicago à Paris et 52 heures de train de San Francisco à Chicago. Bien évidemment, je n’aurais jamais pu faire le voyage de Chicago à Paris en train. J’avais bien regardé comment y aller en bateau, mais les départs n’étaient pas très réguliers et la destination des États-Unis et surtout, la compagnie privilégiait les marins au long court, ceux qui voulaient faire un tour du monde en cargo.
Mais tout de même, entre un vol qui te propose en 8 heures d’en vivre 14 assommé par l’alcool ou des films diffusés sur un mini-écran et un voyage de la côte Pacifique au lac Michigan qui ne donne aucune impression de jetlag quelque qu’elle soit, mon choix est fait.
De l’avion, je ne verrai du paysage que la tête non-souriante des agents chargés de la sécurité, Chicago vu du ciel et peut-être un bout de France. Du train, j’ai pu voir des canyons impressionnants, traverser des ponts plus que centenaires, parcourir le tunnel le plus long du monde selon notre conducteur —ou peut-être le plus haut, je ne sais plus— et même m’arrêter une heure à Denver, faire un tour en ville.
J’ai traversé sans doute plus d’états des États-Unis que “l’américain moyen”. Mais en train.
Regardez The Unseen Sea réalisé par Simon Christen qui montre la brume se déployer sur San Francisco.
San Francisco, Californie est peut-être la ville la plus européenne que j’ai visitée aux États-Unis. Avec New York, NY c’est la seule ville où il y ait beaucoup de monde dans les rues, marchant. Beaucoup de vélos également.
San Francisco, c’est une ville surprenante. Quand tu regardes le bout d’une rue, tu vois soit le ciel parce que c’est le haut d’une colline, ou l’océan. Et ça change beaucoup de Paris, où le seul horizon d’une rue, c’est une autre rue. La Seine de temps à autre. Mais rien ne vaut l’océan.